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Articles de la rubrique "contes et légendes pour adultes"
Lavandières et chanteuses de nuit (attention pour adultes)
Mardi 13 Mai 2008 à 21:59 Publié par yoggie44 dans contes et légendes pour adultes Perronnik rentre chez lui en passant par le bois. Il a bien profité de la soirée et chante en titubant, se cognant aux souches, aux arbres, à tous les pièges que la nuit parsème quand on la prend à rebours. Il grogne, jure, donne des coups de pied aux cailloux du chemin. Rit comme un baudet, se soulage contre un vénérable chêne, s' acharne sur toutes ces ombres trompeuses où il semble se perdre. A travers les flous de sa tête chavirée parviennent des tap tap et des voix mêlées à des éclaboussements. "C'est-y-pas qu' on ferait de la lessive à c' t ' heure, au plein mitant des bois!" Au détour d' une allée il tombe dans une clairière ou luit une mare laiteuse. Autour, six formes de lavandières s' affairent à la tâche, et la plus grande le hèle : "viens donc ici nous aider à tordre ce drap!" Il a trop bu pour bien les distinguer. C'est assez singulier car il a l' impression de les voir tantôt belles avec des gestes gracieux d' invite, tantôt hideuses avec des gestes de menace. Le bougre aimerait faire demi-tour et filer au plus vite, mais trop tard, un linge humide lui colle déjà aux mains, un frisson glacé serpente le long de ses bras. Ses membres entravés refusent d' accomplir le signe de croix capable de "désencharmer". Le chant des lavandières lentement le fascine, "un chand sourd, monotone, triste". Maintenant il sait à qui il a affaire. Il aurait dû s' en douter. Mais aux veillées on racontait tellement de fariboles sur les Femmes Faramiques et sur les Dames Blanches, qu' il n' y avait jamais cru. Les vieux s' en méfiaient comme de la peste, si bien qu' ils préféraient pousser plusieurs lieues de détour que de laver près d' un lavoir à la brume : "retirons-nous disaient-ils, c'est l' heure de la laveuse" Et si d' avanture ils entendaient au loin frapper les battoirs, ils s'ensauvaient.Il ne fallait jamais leur répondre, ni les approcher, encore moins les déranger. Le seul fait de les voir était signe de trépas : "car le linceul qu' elles préparent est celui dans lequel "l'averti" sera enseveli avant 3 jours". "Ton linceul t' attend, ton linceul t' attend", répète le chant. On ne sait trop leur nature, certains disant qu' elles étaient Fées de purgatoire punies pour des méchants sorts qu' elles auraient lancés ; d'autres y voyant des Fées de nuit, aussi cruelles que celles du jour étaient bonnes. Ou encore des mères coupables d'infanticides : "si on regardait de plus près le linge à tordre, on y découvrirait le cadavre d' un bébé. Et souvent il en coulait du sang. Elles auraient beau sans cesse laver, frotter jusqu' à l' user, il ne deviendrait jamais blanc même au jugement dernier". Il fallait un coeur pur ou en paix pour conjurer leur peine. Une fois, une femme qui revenait tardivement d' avoir prié ses morts à l' église fut obligée d' essorer parmi elles la lessive nocturne. Au bout d' un moment la plus âgée lui dit: "Tu es bien heureuse d' avoir honoré tes défunts ; sans cela je t' aurai si bien tordue, retordue, que jamais débrouilleur d' écheveaux n' aurait été capable de débrouiller ce que j' aurais fait de toi". Perronnick devine qu' enfayté comme il l' est à présent, il n'a plus le choix, il ne peut plus se dérober. La vieille a commencé à faire tourner le linge entre ses mains...Il sait aussi qu' il a offensé la nuit tel le pire des goujats. Et il s'est "emmaudit". Il lui reste cependant une chance de s' en tirer en tordant toujours dans le sens opposé à celui de la "lavou". S' il l' oublie un seul instant, le drap emprisonnera ses poignets, ligotera ses bras jusqu' à les briser...puis tout son corps sera broyé et entraîné sous l' eau. Il ne doit à aucun moment se laisser distraire. On a retrouvé des gars couchés, évanouis auprès des eaus croupies, les membres à moitié arrachés, mais qui vivaient encore. Il faut qu' il tienne ainsi jusqu' au matin, quand l' aube les chasse avec la brume. Dans les yeux de la vieille il y a deux lunes, deux lunes en train de danser, de danser à l' envers, à l' endroit, à l' envers... Perronnick a été battu, tordu jusqu' à ce que dépouille et linceul se dissolvent parmi les autres jonchées d' âmes perdues, au fond des eaux hantées où veillent les Chanteuses de nuit. source : la grande encyclopédie des fées
La Vouivre (attention, pour adultes)
Mercredi 14 Mai 2008 à 14:26 Publié par yoggie44 dans contes et légendes pour adultes
Lorsqu' elle se montre sous sa forme de femme elle est très belle, mais tout autant redoutable que lorsqu' elle est sous son aspect de dragon. La nuit elle traverse les airs en battant bruyamment des ailes, guidée par l' escarboucle lumineuse qui lui sert de regard. Le jour, elle reste à dormir, lovée au fond d' une caverne jusqu' à 2 heures de l' après-midi, puis descend vers l' étang, la fontaine ou la rivière pour se baigner. Tantôt elle vole jusque là, s' ébroue et bat des ailes sur l' eau comme le font les oiseaux, d' autres fois, elle se coule dans les flots avec sa peau d' écailles et sa queue ondoyante, mais le plus souvent elle préfère se dépouiller de ses fabuleux atours afin de sentir la fraîche caresse des eaux contre son corps nu. Dans l' herbe, à l' abri des regards, elle cache sa parure serpente et dépose au-dessus l' oeil précieux (c'est à ce moment là qu' on la croit vulnérable). Combien sont venus là l' épier, attendre cet instant pour lui voler son bien. C' est toujours la même chanson. Le maraud, dissimulé sous les buissons, l' observe, la gorge nouée et les yeux ronds, étourdi par sa beauté, quand, dressé sur la rive, les bras levés, elle se tend comme un arc avant de plonger. Il admire la noire mantille des cheveux, la volute musculeuse des courbes, la cambrure en creux et coeur des fesses. Peut- être s' il venait la voix émue et l' oeil brillant lui faire un compliment d' amour et proposer un petit tour au drap des fougères, peut-être que pour une fois l' histoire se passerait bien. Elle l' écouterait bafouiller sa cour naïve de mortel, et sourirait au geste malhabile qui, en offrant une fleur, effleurait par hasard la pointe de son sein. Qui sait si la Vouivre ne trouverait pas certain charme rustique à ce jeune effronté et ne se laisserait pas aller à quelque indulgence...Mais le maroufle rêve de veaux, vaches, couvées que lui réclame Perrine avant de se marier. Il a décroché son regard de " l'exquise baigneuse" et se laisse fasciner par l' éclat du diamant avec quoi il pourrait s' acheter tracteur, moissonneuse-batteuse-herseuse-foreuse-arracheuse de haies, trayeuse électrique, usine à poulets, ferme robotique.Il n' a qu' à tendre le bras pendant que la Serpe s' éloigne d' une brasse argentée, attraper le bijou et s' enfuir. On dit que, privée de cette escarboucle, la Vouivre ne voit plus rien. Mais on dit tant de sottises! Il n'a pas encore refermé les doigts sur la pierre qu' un horrible sifflement le glace jusqu' aux os. Le ciel est devenu tout noir, masqué par une silhouette énorme. Il voit surtout les dents pourlèchées par une langue bifide et, au milieu du front de la bête, son visage convulsé de terreur que les mille facettes du diamant déchirent en mille morceaux. On a beau les prévenir, c' est toujours la même chanson. Chaque fois on les retrouve déchiqutés, disloqués ou calcinés, et dès qu' on veut les retirer de la vase, ils tombent tous en poussière, tandis que la Vouivre resurgit toujours triomphante des flots. source : la grande encyclopédie des fées
Mélusine
Mercredi 14 Mai 2008 à 15:52 Publié par yoggie44 dans contes et légendes pour adultes Il est vérité qu' il y eut jadis un roi en Albanie (Ecosse). Ce roi s'appelait Elinas et fut très puissant et chevalier preux de son bras. Or, un jour, chassant par la forêt, il s'approcha d' une fontaine, et aperçut la plus belle dame qu' il eût vue à ce jour et la salua bien humblement. "Ma chère dame, je désire plus que tout avoir votre bon amour et votre bonne grâce -Dons si vous me voulez prendre pour épouse, jurez que vous ne chercherez jamais à me voir au temps de mes couches" Ainsi parla le fée Persine. Ils se marièrent, furent heureux et eurent trois gentes filles. La première née eut pour nom Mélusine, la seconde Mélior, la troisième Palestine. Mais Mataquas, le fils du premier lit d' Elinas, qui était fort jaloux, força son père à se parjurer en le poussant dans la chambre où Persine baignait ses trois petites: "Faux roi tu as manqué à ta parole, cria la mère avec horreur, il t' en mésadviendra, tu m'as perdue à jamais!" Quand Persine se fut séparée d' Elinas, elle se réfugia avec ses trois filles en Avalon. Elle les y éleva jusqu' à la quinzième année, les menant tous les matins sur une haute montagne nommée Eléonos (la montagne fleurie, d' où elle pouvait apercevoir la lointaine Albanie)."Filles, voyez là-bas où vous êtes nées et où vous auriez eu votre sort sans la fausseté de votre père qui vous a réduite à une grande misère sans fin." Et chaque fois, elle répétait le récit de son malheur, si bien qu' un jour Mélusine déclara à ses soeurs : "je suis d' avis, s' il vous semble bon, d'enfermer le parjure en la merveilleuse montagne de Northumberland, appelée Brumblerio, d' où il ne sortira plus jamais". Ce qu' elles firent; Leur mère s' en montra très courroucée : "Toi, Mélusine, qui es l' aînée, tu seras la première punie. Désormais tu seras tous les samedis Serpente au-dessous du nombril. Si toutefois tu trouves un homme qui te veuille épouser (à la condition de ne jamais te voir le samedi) tu vivras le cours naturel d' une vie de femme et tu mourras naturellement. De toutes façons de toi sortira une noble et très grande lignée qui accomplira de belles et hautes prouesses. Mais si jamais tu te sépares de ton mari, saches que tu retourneras au tourment d' auparavant, sans fin". Sur ce, elle punit aussi Mélior et Palestine et toutes quatre se séparèrent à jamais. Mélusine s' en alla alors errer parmi les grandes forêts et les bocages en quête de destin. Elle y rencontra le beau Raymondin. Bientôt tous deux se trouvent, se regardent et se plaisent. Gentement ils s' entr'accolent et se baisent, enfin s' épousent en grande noblesse. De ces amours, Mélusine enfanta huit fils, tous beaux et bien bâtis. Excepté quelques détails, celui-là avait de trop grandes oreilles, celui-ci un oeil plus haut que l' autre, un troisième n' avait qu' un seul oeil, un autre en avait trois...Mais tous devinrent puissants extrêmement.Mélusine avait bel et bien fondé la noble lignée prédite par Persine. Le reste était à s' accomplir. Pendant que raymondin est à parcourir la Bretagne, Mélusine se fait bâtisseuse. Elle entreprend maintes constructions. Elle édifie le château et la ville de Parthenay sans ménager la pierre, elle fonde à La Rochelle les tours de garde de la mer et nombre d' églises, chapelles et abbayes de-ci de-là, si bien qu' à son retour Raymondin s' émerveille de ne plus reconnaître Lusignan. Ensemble ils se font fête mais leur bonheur ne va plus durer bien longtemps. Comme il le lui avait promis, Raymondin jamais ne s' était mis en peine de la voir le samedi. Mais son frère, le comte de Forez, le jalousait tant qu' il lui médit alors : "Frère, votre femme tous les samedis est de fornication avec un autre". A ces mots Raymondin entre en fureur, l' épée à la main il, se rend devant la porte interdite. Contre l' huis il applique la pointe fine et dure, et l' y tourne et vire tant qu' il fait un trou par où il peut apercevoir toute la chambre. Il voit dans une cuve de quinze pieds de tour Mélusine qui était au-dessus du nombril en figure de femme en train de se peigner les cheveux et au-dessous du nombril en forme de queue de serpent, grosse comme une tonne à mettre les harengs et longue extrêmement. "Hay, gémit Raymondin, je viens mon amour de vous trahir à cause de la fourbe exhortation de mon frère". Hélas, la malédictiction de Persine va les séparer pour toujours. "Adieu, mon doux ami, mon bien, mon coeur et toute ma joie!" Et d' un bond Mélusine saute sur l' une des fenêtres de la chambre, aussi légèrement que si elle avait eu des ailes. Alors elle pousse une très douloureuse plainte et se jette dans les airs. Plus loin elle se mue en une serpente grande, grosse et longue de quinze pieds, poussant un cri si étrange et si déchirant que l' on voyait qu' elle ne se séparait de ce lieu qu' à regret et par contrainte. Et on ne sut ce qu' elle était devenue... Jehan d' Arras, le romancier-biographe de Mélusine, ajoute que de nombreuses fois, elle revint la nuit bercer et caresser ses enfants sous sa forme de mère, à la vue des nourrices qui n' osaient rien dire. Qu' elle les avertit de la mort de leur père, devenu hermite à Montserrat, en se montrant à eux trois jours avant son trépas, tournoyant et poussant des clameurs douloureuses et sauvages au-dessus des tours. En réponse à la prophétie de persine, la Fée Serpente se montre et se lamente chaque fois que les bien de Lusignan changent de propriétaire ou qu' un héritier de sa lignée va mourir source : la grande encyclopédie des fées
la Groac'h
Mercredi 14 Mai 2008 à 12:53 Publié par yoggie44 dans contes et légendes pour adultes C'est une mauvaise fée. On la rencontre la nuit par les chemins de traverse, mais aussi près des lavoirs où elle agit comme une lavandière de la nuit On raconte que l' une d' elles habitait le lac de la plus grande île des Glénans, en Bretagne. Comme elle passait pour être aussi riche que tous les rois réunis, beaucoup de jeunes gens étaient partis pour s' emparer de ses trésors; mais aucun n' était revenu. Un jour, un garçon aborde l' île et, arrivé au bord de l' étang entre dans un canot en forme de cygne qui s' anime tout à coup, l' entraîne loin du rivage, et plongeant avec lui sous l' eau, le dépose près d' un palais enchanté. Il y rencontre la dame qui lui découvre ses richesses, en lui disant que toutes les caisses d'or qu' engloutissent les naufrages sont apportées là par un courant magique, qu' elle a le pouvoir de commander. La Groac'h lui propose de l' épouser,et, séduit, il accepte. Une fois qu' elle s' est absentée pour aller pêcher, le mari se met à couper des poissons à l' aide de son couteau trempé dans la fontaine de Saint-Corentin, l' exorciste des mauvais enchantements. Aussitôt les poissons redeviennent de petits hommes qui lui apprennent qu' ils ont été ainsi métamorphosés le lendemain de leur noce avec la Groac'h. Effrayé, le garçon veut s' échapper, mais avertie par un hydeux instinct, l' ogresse, qui a repris son véritable aspect, l' enferme dans un filet et le change en carpe qu' elle va jeter dans son vivier. On raconte aussi qu' une groac'h serait à l' origine de la découverte des mines d' argent de Huelgoat. Une nuit, un jeune homme se promenait et rencontra un groupe de lavandières. Il fut invité par l' une d' elles à tordre le linceul. Cependant, le jeune homme savait qu' il devait tourner le linge dans le même sens qu' elle, sous peine de périr! La groac'h, déçue, finit par déposer son linge et , grattant le sol, mit quelques pierres précieuses dans une des poches du jeune homme, que celui ci s' empressa de vendre une fois revenu au village. Un vieil usurier lui acheta bien vite et se rendit sur le lieu même où le jeune homme avait eu ces pierres. Il y rencontra la groac'h qui lui demanda également de tordre le linceul.Mais le vieil homme oublia de le tordre dans le même sens qu' elle et périt. Suite à sa disparition, des recherches ont été faites dans les marais et on y découvrit les mines d' argent. Certaines groac'h ont un comportement encore plus atroce : du côté de Dinan, on dit qu' une sorcière s' empare des yeux des enfants et les jette dans un puits profond. La nuit, on entendrait les enfants supplier le puits de leur rendre leurs yeux, sans lesquels ils ne peuvent monter au paradis. La groac'h de l' étang de lok choisit pour amants des humains, mais s' en lasse très vite. Elle les transforme en poissons, pour les offrir en friture à sa conquête suivante. source : la grande encyclopédie des fées les korrigans et autres bugale ar noz fées, korrigans et autres créatures fantastiques de Bretagne
les enfants des fées des houles
Mercredi 29 Octobre 2008 à 12:32 Publié par yoggie44 dans contes et légendes pour adultes Ils sont malingres et chétifs. Afin de s' assurer une descendance viable, les fées ont coutume d' enlever les nouveaux nés des villages alentours, et de mettre leur progéniture à leur place. E, Bretagne, on disait des enfants très laids qu' ils étaient "des enfants des fées". Les petits des fées déposés dans les berceaux sont toujours des mâles. Ils sont moirs et laids, avec un air vieillot. Ils mangent 2 fois plus qu' une grande personne! Mais les villageois n' étaient pas dupes, et pour s' assurer que leur enfant avait bien été substitué avec celui d'une fée, ils plaçaient devant le feu ou dans la cendre, des coquilles d' oeuf emplies d'eau. L' enfant fée s' écriait invariablement : "il y a 100 ans j' ai vu le gland avant le chêne, mais pas encore ces petits pots bouillants!" Il suffisait après de ne plus l' alimenter et de faire mine de le battre pour que les fées restituent aussitôt l' enfant qu' elles avaient dérobé! Les folliards, cousins des korrigans, agissent de la même façon. source : les korrigans et autres bugale ar noz |
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